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La jeunesse de Conakry est-elle sur le bon chemin avec la multitude des boîtes de nuit et ses corolaires de chicha ?

Conakry, jadis réputée pour son dynamisme intellectuel, son esprit de solidarité et sa vitalité culturelle, semble aujourd’hui glisser vers une autre réalité : celle des nuits interminables, des boîtes de nuit bondées et des terrasses envahies par la fumée de chicha. Dans presque chaque quartier, un nouvel espace de « détente » ouvre ses portes, attirant une jeunesse avide de plaisir immédiat et d’évasion.

Mais une question s’impose avec acuité : la jeunesse de Conakry est-elle réellement sur le bon chemin ?

Cette multiplication des lieux de divertissement n’est pas en soi un mal. Le besoin de se détendre, de socialiser et de vivre des moments de joie est légitime. Cependant, ce qui inquiète, c’est la dérive progressive de ces espaces en foyers de décadence morale, d’oisiveté et parfois même de délinquance. Les soirées sans fin, la consommation excessive d’alcool, la banalisation de la chicha et le culte de l’apparence semblent devenir les nouveaux repères d’une génération en quête d’identité.

La capitale guinéenne donne aujourd’hui le triste spectacle d’une jeunesse souvent déconnectée des véritables enjeux de son temps. L’énergie, la créativité et l’intelligence qui devraient servir à bâtir un avenir solide pour la nation se diluent dans la recherche du plaisir éphémère. Pendant que d’autres jeunes à travers le monde innovent, entreprennent et participent activement à la transformation de leurs sociétés, beaucoup à Conakry se perdent dans la routine des nuits festives et des lendemains sans ambition.

Cette situation appelle à une réflexion profonde. Où sont passés nos modèles ? Où sont les espaces de formation, d’encadrement et d’expression constructive de la jeunesse ? L’État, les parents et les leaders d’opinion portent une responsabilité partagée dans cette dérive silencieuse. L’absence d’alternatives saines, de loisirs éducatifs et de programmes de valorisation du potentiel jeune laisse un vide que les boîtes de nuit comblent à leur manière.

Il est temps de réorienter la boussole. Les jeunes de Conakry doivent comprendre que l’avenir ne se construit pas dans la fumée des chichas ni sous les néons des discothèques, mais dans le travail, la discipline et l’engagement pour le bien collectif.

La Guinée a besoin d’une jeunesse consciente, ambitieuse et tournée vers le progrès. La capitale, vitrine du pays, doit redevenir un espace d’émulation intellectuelle et de créativité, non un simple lieu de distraction sans lendemain. Conakry doit se réveiller. Et sa jeunesse avec elle.

Sitanium Cisse