Accueil PRESSE BOUBACAR KANTÉ, FOR EVER 24 octobre 1997 – 24 octobre 2025

BOUBACAR KANTÉ, FOR EVER 24 octobre 1997 – 24 octobre 2025

Vingt-huit ans après sa disparition, le souvenir de Boubacar Kanté s’efface peu à peu, faute d’initiatives fortes permettant de l’immortaliser à la hauteur de son immense héritage.

En 2009, nos confrères ivoiriens lui avaient pourtant rendu un vibrant hommage posthume. Ils rappelaient que, malgré l’évolution du paysage médiatique, les auditeurs restent orphelins des grandes voix qui les faisaient rêver. Parmi elles, Boubacar Kanté, affectueusement appelé « Bouba », aux côtés de Jean-Louis Farrah Touré dit « Loulou », Jean-Baptiste Kacou Bi ou encore Brou Konan Bertin « KKB ». Ces géants du reportage sportif ont marqué à jamais les passionnés de Radio Côte d’Ivoire. Leur professionnalisme reposait sur la recherche, la documentation et la formation continue. Même au stade, les spectateurs ne pouvaient se passer des commentaires de Boubacar Kanté, véritable génie du micro. Un témoignage qui se passe de commentaires et qui devrait inspirer la nouvelle génération de journalistes sportifs.

Sa carrière ne se limite pas au journalisme sportif. Dans les années 1970, il fut l’un des artisans majeurs de l’essor de la musique guinéenne. À la tête de Syliphone, alors société nationale d’enregistrement, de pressage et de distribution, il s’est battu pour faire rayonner la musique moderne de Guinée au-delà de nos frontières.

Moussa Mara, éminent journaliste-animateur disparu le 25 juin 2008, avait recueilli l’un de ses derniers témoignages lors d’un séjour à Dakar. Fidèle à son franc-parler, doté d’une vaste culture, Boubacar Kanté livrait une analyse lucide et toujours d’une brûlante actualité. Il insistait sur la réussite, le management, l’investissement et l’ouverture sur le monde. Selon lui, les artistes guinéens devaient voyager, découvrir d’autres scènes, comprendre que les grandes sonorités se façonnent à Paris, Londres ou aux États-Unis, entourés de musiciens professionnels.

Il rappelait que la Guinée peut retrouver sa place dans la musique si les artistes, les managers et les producteurs prennent des initiatives fortes, sans attendre systématiquement l’État. Dans les années 1970, la Guinée était en avance. D’autres pays ont progressé grâce à la créativité individuelle et à l’organisation. Rien n’empêche la Guinée de rivaliser avec les meilleurs si une véritable stratégie se met en place.

Boubacar Kanté encourageait aussi les artistes à explorer leurs propres racines. Les rythmes du terroir recèlent des richesses extraordinaires qui ne demandent qu’à être révélées au monde.

Son discours reste clairement d’actualité. Sa vision demeure une boussole pour celles et ceux qui veulent hisser notre culture au sommet.

Que son âme repose en paix, sous la protection divine.
Boubacar Kanté, pour toujours dans nos mémoires.

Sitanium Cisse