Accueil POLITIQUE De quoi les Forces vives de Guinée reprochent-elles réellement au CNRD?

De quoi les Forces vives de Guinée reprochent-elles réellement au CNRD?

Depuis l’arrivée du CNRD à la tête de l’État, la Guinée fait face à une période d’ajustement intense. Les Forces vives expriment régulièrement des critiques portant sur la durée de la transition, l’inclusivité du dialogue politique ou encore certaines restrictions des libertés publiques. Ces revendications ont pris la forme de manifestations, de communiqués, et parfois de ruptures de dialogue.

Au-delà de cette contestation structurée, une autre réalité se fait entendre dans le pays. Une large partie de la population, dans son quotidien, observe ce que la transition a permis d’engager. Elle compare avec ce qu’elle a connu avant et se forge son propre jugement.

Cette réalité repose sur trois éléments souvent cités par les citoyens:

– La restauration de l’autorité de l’État
Le fonctionnement institutionnel a été remis au centre du jeu. La lutte contre l’impunité et la volonté de réaffirmer l’ordre public ont été posées comme des priorités.

– Un effort visible de réformes et d’infrastructures
Routes, assainissement, énergie, réorganisation administrative: les signes d’un État qui veut se remettre en mouvement sont perçus dans plusieurs régions.

– Une volonté affichée de moralisation de la gestion publique
Les poursuites contre la corruption et la mauvaise gouvernance, même débattues, traduisent une ambition assumée de refonder la relation entre pouvoir et citoyen.

Ces actions nourrissent un sentiment chez de nombreux Guinéens: celui d’une trajectoire qui, malgré les difficultés, vise une transformation du pays plutôt qu’un statu quo.

Le débat actuel n’opppose donc pas seulement un pouvoir et une opposition. Il reflète deux visions sur ce que doit être la transition: une vision impatiente, centrée sur le retour rapide à l’ordre politique traditionnel, et une vision plus progressive qui considère qu’il faut consolider avant de transmettre.

Au moment où la Guinée se dirige vers une échéance politique majeure, le choix qui se posera ne sera pas simplement celui d’un individu ou d’un groupe. Il portera sur l’orientation que la nation souhaite donner à son avenir: continuer une dynamique de rupture et de refondation, ou revenir dans un cadre politique déjà connu.

Les Forces vives peuvent continuer à questionner et à contester. Cela fait partie du jeu démocratique. Le peuple, lui, a déjà montré sa préférence à travers son soutien exprimé sur le terrain, dans la rue, dans les discussions du quotidien. Il continuera d’observer, de juger et de décider en cohérence avec ce qu’il considère comme son choix naturel, en voyant en la personne du Général Mamadi Doumbouya la continuité d’une trajectoire qu’il souhaite préserver.

Par Mohamed Sita Cisse