La libération de l’honorable Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale, marque un moment symbolique dans le processus judiciaire engagé depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir. Après 43 mois de détention et l’exécution de sa peine pour détournement de deniers publics et enrichissement illicite, cette décision rappelle que nul n’est au-dessus de la loi, mais aussi qu’aucun citoyen ne doit être en dessous de ses droits.

Le principe fondamental d’un État de droit repose sur l’équilibre entre sanction et respect des libertés individuelles. La justice doit punir quand la faute est avérée, mais elle doit aussi rendre la liberté lorsque la dette envers la société a été payée. C’est exactement ce qui s’est produit dans ce dossier. La justice est allée jusqu’au bout du processus, malgré les pressions, les émotions et les analyses politiciennes.

Depuis septembre 2021, le CNRD a affiché sa volonté de rétablir la confiance du peuple envers les institutions en luttant contre la corruption et l’impunité. De nombreuses personnalités publiques ont dû répondre de leur gestion, parfois pour la première fois dans l’histoire politique récente de la Guinée. Ce tournant ne doit pas être perçu comme une chasse aux sorcières, mais plutôt comme le début d’une culture nouvelle où la gestion publique s’accompagne désormais de responsabilité.
La libération de Damaro Camara montre que la justice ne doit pas être un instrument politique. Elle doit être une boussole, impartiale et souveraine, qui oriente les actions des gouvernants comme celles des gouvernés. Ce cap doit être maintenu et renforcé. La crédibilité de la Transition et l’espérance du peuple en dépendent.
La Guinée construit progressivement un précédent important. La punition d’un crime n’enlève pas la dignité d’un citoyen. Elle corrige. Une justice qui sait sanctionner doit aussi savoir libérer. L’équité est la seule voie qui permette une réconciliation sincère et la reconstruction durable d’un pays qui a trop longtemps confondu puissance publique et impunité.

L’avenir jugera la Transition à l’aune de sa cohérence. Si la justice demeure son repère, la Guinée pourra se regarder avec plus de fierté. La libération de l’honorable Damaro Camara est un signal que le pays avance dans le bon sens. Maintenant, il faut continuer cet effort avec rigueur, transparence et constance.
Sitanium Cisse






