Ambiance confuse ce dimanche matin à Kaloum. Plusieurs candidats dont les dossiers de candidature à l’élection présidentielle ont été rejetés par la Cour suprême se disent dans l’impossibilité d’obtenir la fiche d’identification, un document indispensable pour déposer un recours dans le délai de 72 heures prévu par la loi électorale.
La Cour suprême a rendu publique, dans la soirée du samedi, la liste provisoire des candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 28 décembre 2025. Sur une cinquantaine de dossiers déposés, seuls neuf ont été validés. Les recalés disposent légalement de trois jours pour contester leur exclusion.
Mais sur le terrain, l’exercice s’annonce difficile. Ce dimanche, plusieurs d’entre eux, notamment Ansoumane Fofana du RGA, Mohamed Lamine Kaba du FIDEL, Mory Kaba de l’AGN, un représentant du PADES de Dr Ousmane Kaba, ainsi qu’un candidat indépendant, ont été aperçus arpentant les rues de Kaloum à la recherche du précieux sésame.
« Nous sommes allés à la Direction Générale des Élections (DGE) pour chercher la fiche d’identification. Arrivés sur place, aucun cadre n’était présent, alors que la DGE est censée fonctionner 24h/24 en période électorale », confie l’un des candidats à AvenirGuinée.
Selon leurs témoignages, les candidats auraient tenté de joindre la directrice de la DGE.
« Elle nous a dit qu’elle était à la maison mortuaire. Quelques minutes plus tard, un agent nous a informés qu’il avait reçu des instructions pour que nous récupérions nos documents dans les communes », rapporte un autre.
Mais la situation ne s’est pas arrangée. « Partout où nous sommes passés, on nous a renvoyés ailleurs. À la commune, on nous dit d’aller au MATD. Là-bas aussi, tout est fermé. C’est fait exprès », dénonce un candidat frustré.
Pour l’heure, la Direction Générale des Élections n’a émis aucune réaction officielle face à ces accusations. Ce flou administratif pourrait compromettre la capacité de certains candidats recalés à exercer leur droit de recours dans les délais légaux impartis.
Cette situation met en lumière les dysfonctionnements institutionnels qui entachent le processus électoral, à un moment où la transparence et la crédibilité du scrutin devraient être la priorité des autorités.






