Depuis l’annonce de la candidature du général Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, le mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) s’est positionné comme force motrice d’une nouvelle dynamique politique en Guinée.
Il est temps de revenir sur ce que cette initiative représente, ses promesses, ses défis, et l’innovation qu’elle peut incarner dans le paysage politique guinéen.
Une candidature portée par un mouvement structuré
GMD, qui se présente comme le mouvement de soutien à la candidature de Mamadi Doumbouya, a d’ores et déjà mis en place des mécanismes de campagne et de mobilisation : un quartier général à Landréah (commune de Dixinn) a été activé, des cadres politiques ont été nommés pour piloter la campagne nationale. Le choix du Premier ministre Bah Oury à la tête du directoire de campagne a été qualifié d’« historique et stratégique » par le candidat.
L’innovation revendiquée : modernité et développement
Le nom même du mouvement, « Génération pour la Modernité et le Développement », suggère une rupture avec les formes traditionnelles de la vie politique dans notre pays : il ne s’agit plus seulement de soutenir un candidat, mais de porter une vision. On lit dans les communications : la jeunesse, l’éducation, la cohésion nationale, l’accès aux soins, la modernisation des infrastructures… autant de thèmes qui reviennent. (Par exemple : un article loue l’engagement du Président pour la jeunesse, l’éducation et l’innovation). On peut donc légitimement attendre que GMD adopte des modes d’action plus contemporains (communication digitale, mobilisation de terrain diversifiée, dialogue élargi…), ce qui, dans le contexte guinéen, peut constituer une « innovation ».
Atouts et opportunités
- Le fait que ce mouvement soit associé à une candidature déjà « en marche » (celle de Mamadi Doumbouya) peut lui donner un avantage pour structurer son organisation rapidement.
- Le positionnement : modernité + développement est un message fort pour une population jeune et avide de changement.
- Si le mouvement parvient à mobiliser au-delà des relais traditionnels (communautés, ruraux, jeunes femmes), il peut contribuer à renouveler le rapport politique entre l’État et la société.
Défis et risques à considérer
- L’environnement politique guinéen demeure très tendu : l’annonce de la candidature a suscité une « profonde consternation » de certains groupes de la société civile et des partis d’opposition. Un mouvement comme GMD devra donc naviguer entre ambition et légitimité.
- Le lien étroit entre GMD et le candidat à la transition fait courir le risque que le mouvement soit perçu comme un instrument de pouvoir plutôt que comme un acteur indépendant du changement.
- L’innovation promise nécessite des moyens : logistique, ressources humaines, communication… Sans un dispositif solide, le mouvement pourrait rester une carte symbolique plutôt qu’un vecteur de transformation réelle.
- Enfin, la question de l’après-élection se pose : comment assurer que les engagements : modernité, développement, jeunesse, ne restent pas des mots mais soient traduits en actes concrets ?
Le mouvement Génération pour la Modernité et le Développement, en soutenant la candidature du général Mamadi Doumbouya, affiche une ambition : redynamiser la vie politique guinéenne, recentrer le débat sur la jeunesse, la modernisation et le développement. C’est une initiative à suivre de près. Son succès ne dépendra pas seulement du résultat électoral, mais de sa capacité à incarner ce qu’il proclame : une génération prête à s’engager pour la Guinée de demain.
Mohamed Sita CISSE
Ingénieur Télécom






