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​Labé : Seul face à sa classe, un enseignant suspendu pour avoir brisé le silence sur sa détresse à Diari

Dans les zones reculées de notre pays, l’école publique tient souvent par un fil, tendu par la bonne volonté et le sacrifice d’hommes et de femmes de terrain. Cet enseignant, dont le courage forçait le respect, portait à lui seul la charge d’instruire des dizaines d’enfants, incarnant à la fois l’institution, le maître et l’espoir d’un avenir meilleur pour cette communauté rurale.

​Pourtant, au lieu d’être soutenu face à l’immensité de la tâche, il fait aujourd’hui l’objet d’une sanction disciplinaire.

​Un cri d’alarme jugé “fautif”

​Selon les informations recueillues, la mesure de suspension prise ce mardi fait suite à la diffusion d’un appel à l’aide de l’intéressé. Face à l’isolement, au manque criard de moyens et à la rudesse des conditions d’exercice, l’éducateur avait choisi de briser le silence. Un acte de désespoir ou de citoyenneté, c’est selon, mais qui a visiblement déplu aux autorités éducatives locales, promptes à réprimer la forme plutôt qu’à s’attaquer au fond du problème.

​Car au-delà de son cas personnel, c’est toute la réalité de l’enseignement en milieu rural qui se retrouve ainsi mise en lumière. Comment blâmer un enseignant qui, abandonné à son sort dans une salle de classe isolée, demande de l’aide pour que ses élèves ne soient pas les grands sacrifiés du système éducatif ?

​L’émoi de la communauté

​Cette suspension susforme une onde d’incompréhension et d’émoi. Pour les parents d’élèves et les habitants de Diari, se passer de cet unique maître, c’est condamner purement et simplement l’école à la fermeture et priver les enfants de leur droit fondamental à l’éducation.

​Cette affaire relance le débat crucial sur la protection des lanceurs d’alerte au sein de l’administration publique, en particulier dans le secteur sensible de l’éducation. Plutôt que de museler ceux qui tirent la sonnette d’alarme, les structures compétentes ne devraient-elles pas tendre l’oreille vers ces réalités de terrain trop souvent ignorées dans les bureaux climatisés de la capitale ?

​En attendant un éventuel dénouement ou une prise de conscience de la hiérarchie, les enfants de Diari restent, pour l’heure, sans enseignant. Une situation absurde et douloureuse, où c’est finalement l’école elle-même qui écope de la plus lourde des peines.

Aboubacar Bangoura pour naainfo.com